Écorce de pin ou sphaigne : quel substrat pour votre phalaenopsis ?

Écorce de pin ou sphaigne : quel substrat pour votre phalaenopsis ?

Sortez de son pot un phalaenopsis acheté en jardinerie ou au supermarché, et une surprise vous attend souvent : sous la couche d’écorce, une motte de mousse compacte serrée autour des racines. Cette mousse, c’est de la sphaigne, que les producteurs utilisent pour élever les jeunes plants. Au moment de rempoter, la question se pose : la garder, passer à l’écorce de pin, ou mélanger les deux ?

Ce dont les racines d’un phalaenopsis ont besoin

Dans la nature, le phalaenopsis est une plante épiphyte. Il vit accroché aux troncs et aux branches dans les forêts tropicales d’Asie, racines à l’air. Ces racines sont gainées d’un tissu spongieux, le velamen, qui absorbe l’eau en quelques minutes puis sèche entre deux averses. Gris argenté quand elles ont soif, elles virent au vert une fois gorgées d’eau.

En appartement, ce qui tue un phalaenopsis est rarement le manque d’eau. C’est l’asphyxie : un substrat qui reste mouillé en permanence prive les racines d’air, elles brunissent, ramollissent et pourrissent. Tout le choix du substrat tourne autour de cet équilibre entre l’eau et l’air.

L’écorce de pin, le choix qui pardonne les excès d’arrosage

L’écorce de pin est le substrat le plus courant pour les orchidées épiphytes. Ses morceaux laissent de larges vides entre eux, l’eau s’écoule en quelques secondes et le pot sèche vite. C’est le choix le plus tolérant pour qui a la main lourde sur l’arrosoir.

Son défaut est le revers de sa qualité. Dans un intérieur chauffé, l’écorce peut sécher en quelques jours, et une écorce neuve, très sèche, a du mal à se réhumidifier : mieux vaut la faire tremper quelques heures avant de rempoter. L’arrosage se fait ensuite par trempage, en plongeant le pot dix à quinze minutes dans une bassine d’eau à température ambiante, puis en le laissant s’égoutter entièrement avant de le remettre dans son cache-pot. Avec le temps, l’écorce se décompose, devient fine et retient trop l’eau. Au bout de deux à trois ans, un rempotage s’impose.

La sphaigne, une réserve d’eau à manier avec prudence

La sphaigne est une mousse de tourbière, vendue séchée. Elle retient une quantité d’eau bien supérieure à son propre poids et la restitue lentement. En serre de production, où l’arrosage et l’humidité sont réglés au plus près, elle convient bien aux jeunes plants. Chez un particulier, elle rend service dans une pièce très sèche ou pour une plante qui a perdu une partie de ses racines.

Le revers est connu. Tassée au fond d’un pot et arrosée au même rythme que l’écorce, la sphaigne reste détrempée pendant des jours, et les racines pourrissent au cœur de la motte, là où on ne les voit pas. Elle se dégrade aussi plus vite que l’écorce, en noircissant et en se compactant. Elle demande donc une main légère : on la dispose aérée autour des racines, sans la presser, et on attend qu’elle soit sèche au toucher en surface avant d’arroser de nouveau.

Reste un argument moins horticole. La sphaigne vendue en sachet est prélevée dans des tourbières, souvent à l’autre bout du monde, des milieux qui se reconstituent très lentement. On peut donc préférer la réserver aux cas où elle rend un service réel.

Alors, lequel choisir ?

Pour la plupart des intérieurs, l’écorce de pin de calibre moyen, dans un pot transparent percé de trous, reste la solution la plus sûre. Le pot transparent n’a rien d’un gadget : il laisse voir la couleur des racines, donc le bon moment pour arroser, et les racines du phalaenopsis, qui contiennent de la chlorophylle, profitent de la lumière.

La sphaigne se justifie dans trois situations : un appartement très sec où l’écorce sèche en deux jours, une plante qui a perdu la plupart de ses racines et que l’on cherche à sauver, ou un jeune plant dans un petit pot. Entre les deux, le compromis courant consiste à mélanger un peu de sphaigne à l’écorce, ou à en poser une fine couche en surface pour ralentir le dessèchement sans étouffer la motte.

Quel que soit votre choix, retirez au rempotage la vieille motte de sphaigne laissée par le producteur : c’est souvent elle qui reste humide au centre de la plante pendant que l’écorce, autour, paraît sèche. Et si votre orchidée partage le rebord de fenêtre avec d’autres plantes d’intérieur, ne leur imposez pas son rythme. On trouve dans ce guide de jardinage des fiches sur l’areca, la sansevieria ou le croton, qui ont chacun des besoins en eau bien différents.

Rempotez de préférence après la floraison, au moment où de nouvelles racines commencent à pointer leur extrémité verte. Elles s’installeront directement dans le substrat neuf, au lieu de devoir s’adapter à un milieu qui a changé autour d’elles.